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 Chroniques de l'alliance Rôdeurs - Napo -

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Muurdarr

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Messages : 18
Date d'inscription : 12/09/2010

MessageSujet: Chroniques de l'alliance Rôdeurs - Napo -   Mer 13 Juin 2012 - 21:44

- Épisode 1, Napo le Rôdeur -



* MUURDARR *

Napo était une recrue que je trouvais alors antipathique, sans véritable charisme. Également, je n'appréciais que peu sa façon d'être, si sectaire, rarement
enthousiaste.


Ne dérogeant pas à leurs habitudes, les Rôdeurs ne purent s'empêcher eux aussi d'éprouver du mépris dès l'acceptation de ce nouvel élément.
De toute manière, voir deux Rôdeurs se considérer en égaux était un fait trop rare pour que ce dernier puisse échapper à la règle.
Quoiqu'il arrive, la rivalité est et restera toujours la relation prédominante, suivie par la néanmoins plus marginale relation qui lie le mentor et son disciple. Accessoirement, on put trouver des maitres accompagnés de leur esclaves, mais ce lien, jugé trop exclusif et étroit était férocement combattu par le clerc Adrien, lequel veillait farouchement à ce que son autorité puisse, en tout temps, outrepasser celle de toutes les autres.

Outre Adrien qui bénéficiait - vous vous en doutez - d'une considération propre à son statut ; une hiérarchie implicite s'était mise en place dans l'organisation Rdr.
En fait, rien de bien grandiose ; un classement subjectif, basé sur le potentiel destructeur de telle ou telle sorcellerie, tels ou tels pouvoirs magiques qu'un Rôdeur était capable de contrôler.
Ainsi, était-il courant que l'on se désignât par des numéros, plutôt que par son vrai nom.

Pour ma part, j'étais considéré comme le numéro quatre, bien que cela m'indifférait au plus au point. En effet, y prêter de l'intérêt aurait été pour moi une preuve de puérilité, ou d'un comportement typiquement animal, qui veut que l'on se sente obligé de s'identifier à travers les autres individus de la meute.
Et puis cela était sans compter le fait que je savais la Rôdeur n'être qu'un outil temporaire, une simple marche sur le grand escalier qui mène vers l'avènement de notre nouveau monde : s'identifier à ce point à cette organisation n'avait donc pas de sens.


Napo, quant à lui, était considéré comme le numéro huit ; mais honnêtement aujourd'hui, je lui aurais volontiers accordé la première place. Adrien et moi même soupçonnions son pouvoir quasi illimité à même d'ébranler certains des plus petits royaumes. Sans doute même que faire disparaitre des cités entières, sans laisser l'ombre d'une trace, entrait-il dans ses cordes...

Pourtant, sa personnalité n'en laissait rien paraitre, son immense et terrible potentiel demeurait insoupçonné, caché derrière un corps de taille moyenne, légèrement trapu et vieillissant.
Plus que tout, son attachement à son ancienne vie d'Imperator ou de "Guide Suprême" - comme il aimait à se l'entendre dire -, sa vision du monde archaïque et obsolète (proches de celles qui opposent le prolétariat à la bourgeoisie) en laissait plus d'un perplexe.
Pour dire, c'était vêtu d'un uniforme d'officier militaire, teinté d'un bleu vif, qu'il arpentait les couloirs du quartier général de l'organisation. Cette tendance à se montrer tranchait sévèrement avec nos conceptions habituelles de la guerre, ainsi qu'avec notre culte du secret. De plus, le voir chérir ainsi les médailles disposées sur son torse, prêtant la même attention qu'un père le ferait vis à vis de ses fils, me forçais à ne pas le prendre au sérieux.


[ Muurdarr le Nécromancien ]
<<
J’eus beau consulter la mémoire de nombreux morts en profondeur, il semblerait que mes talents de nécromancien soient insuffisants pour élucider un tel mystère. Il m'est donc malheureusement impossible de confirmer ses dires. >>

[ Le Clerc Adrien ]
<<
Oui... ça peut être un problème... il apparait évident que l'on ne peut se fier aveuglément à Shanyu, malgré tout.
Il se pourrait très bien qu'il ait volontairement surestimé les capacités de Napo pour nous forcer la main, précipiter son arrivée parmi nous, et bénéficier ainsi d'un allié de poids. Qui plus est, nous ne sommes pas sans ignorer la nature, ni les ambitions personnelles de Shan, lesquelles tendent à faire dévier la Rdr de la trajectoire que nous voulons lui faire prendre. Un jour peut être, serons-nous même dans l'obligation de nous battre contre lui.
Pour l'heure, il nous faut tout de même quantifier avec précision sa force, et juger les compétences stratégiques de ce nouvel arrivant.
L'idéal serait de parvenir à identifier la nature de son pouvoir, s'il en a un. Je n'aime pas l'idée que certains de mes sujets puissent éventuellement échapper à mon contrôle, ni même qu'ils puissent menacer nos plans.
>>


Malgré le fait qu'il était en train d'exprimer des inquiétudes, le ton de l’Ecclésiaste Adrien se voulait comme à son habitude, résolument chaleureux ; son timbre avait quelque chose d'à la fois transcendant et irrésistible, comme si le flot de ses paroles gagnait le cœur plutôt que les oreilles. Enfin, il ajouta :


<< Puis-je te confier cette mission Muurdarr ? Tu le sais, nulle autre n'est plus digne de confiance que toi...>>


J
’acquiesçais et, sans plus attendre m’exécutai, paré à évaluer le mystérieux personnage ; emportant avec moi quelques provisions et quelques vieux grimoires.







* NAPO *

Les Rôdeurs me réservaient chaque jour des surprises. Plus je les côtoyaient, et plus mes a priori les concernant s'écroulaient. Certains disposaient de capacités vraiment fascinantes... des exploits que même mes rêves le plus insensés n'auraient su donner naissance !
Quel soulagement j'éprouvai, alors qu'il ne cessaient de dépasser toutes mes espérances !


Officiellement, la Rôdeur était une guilde réunissant ses membres autour d'un idéal commun, d'un même objectif : unifier l'ensemble des êtres humains au sein d'un royaume unique, et faire que ce dernier puisse dominer de toutes les autres peuplades, toutes les autres espèces existantes.
Si les Rôdeurs parvenaient un jour à accomplir leur tâche, l'Homme deviendrait alors le maître incontesté, et, qu'il s'agisse de la plus modeste tribu Lycans des forêts Germanes ou bien des invraisemblables chimères qui hantent les frontières des Enfers, plus rien ne saurait venir entraver son désir d'expansion.

Bien entendu, un tel dessein n'était pas sans entrainer de vives oppositions ; à commencer chez les humains eux-mêmes, car nombreux étaient ceux qui refusaient la simple idée de voir leur nation abolie, ; plus simplement, de finir gouverné parce ce qu'ils considéraient n'être qu'une abominable secte guerrière.
Bien souvent, dans l'esprit du peuple résidait la caricature d'une troupe de magiciens fous et ténébreux, lesquels prétendaient apporter un monde meilleur tout en tranchant des têtes.
A dire vrai, on aurait bien eu tort de penser le contraire. Et ce certainement parce que ma propre présence là bas constituait un bel argument en sa faveur.
Je m'amusais parfois à penser que si moi même avait réussi à investir cette alliance tout en servant secrètement une cause totalement différente de celle qui était normalement prévue, d'autres devaient très certainement en faire de même.


Pourtant Shanyu m'avait conseillé de ne pas trop me fier aux apparences, aussi, de bien assurer mes arrières.
Il faut l'avouer j'étais plus que disposé à le croire... il régnait au sein de cette organisation comme une atmosphère lourde... et pesante.
Je ne saurais dire comment, mais à chaque fois que je rencontrais l'un d'entre eux, j'éprouvais la désagréable sensation d'être tantôt jaugé, tantôt jugé.
A cela j’ajouterais qu'un écrasant sentiment de culpabilité tentait de s'immiscer en moi, malgré le fait qu'une telle chose m'avait toujours demeuré étrangère tout au long ma vie. Un tel maléfice, capable d'affecter à ce point la personnalité ne pouvait être que l’œuvre d'un mage hors pair, de ceux que l'on ne trouve que chez les Rdr.
En somme, dire des Rôdeurs qu'ils étaient méfiants aurait été faux. Non, ils étaient paranoïaques.

Comme annoncé, un monde les séparaient des ZERGs : les berner ne serait pas une tâche facile. Malgré tout, le jeu en valait la chandelle. Il y avait chez eux des pouvoirs surnaturels qui surpassaient largement tout ceux que j'avais pu "goûter" jusque là.
Par exemple, ma convoitise pour l'élémentaliste de glace Vergil, alias "le Pingouin", n'avait depuis cessé de croitre, et imaginer son pouvoir venir enrichir ma collection personnelle prenait de plus en plus la forme de l'obsession.
Mais bien conscient qu'on ne me laisserait que peu d'occasions pour agir à ma guise, je réprimais violemment ce genre d'envies et m'étais résolu à ne dévoiler mes véritables intentions qu'au moment le plus favorable et opportun. Après tout, la patience avait toujours été ma plus grande qualité, grâce à elle, j'avais pu devenir ce que j'étais.


Dès lors, je ne serai à leur yeux que Napo le Rôdeur, pantin débile dénué d'ambitions, agissant au bon vouloir de "sa Sainteté Adrien" et autres de ses suppôts.
Et, comme pour célébrer sa nouvelle naissance, on ordonnât à ce dernier d'aller bien gentiment organiser le siège de l'un des plus imposant bastion que cette époque eut connue. S'emparer de la cité maîtresse de la République de Shoelff : Aodrenn, rien que ça !

Endossant donc mon rôle de sage petit rôdeur du mieux possible, j'avais feint la surprise et ne pas me sentir à la hauteur de la tâche que l'on m'avait confiée ; en conséquence de quoi, on s’arrangeât pour qu'une garnison d'une cinquantaine d'hommes m'accompagnât durant mon périple. Malgré la générosité apparente de la réponse, l'aide accordée n'avait guère plus qu'une valeur symbolique. En comparaison, limer une montagne à main nue m'aurait paru être un défi plus abordable !
Ces fourbes n'avaient pas attendus bien longtemps avant de me tester !
Cette mission devait leur montrer une bonne fois pour toute si je n'usurpais pas mon titre de Rôdeur. Le tout serait de l'accomplir sans dévoiler mes bottes secrètes...

Celles-là, je les gardais précieusement pour les jours de trahisons...





- Épisode 2, celui qu'on appelait le Guide Suprême -


Partie 1 : Aodrenn, la Cité Forteresse



A peine eussions-nous foulés les terres sablonneuses de l'Agonie, que déjà, se dessinait la silhouette noire de la cité portuaire. Sa géométrie fuselée tranchait le ciel qui avalait son toit. Mais ce n'est que lorsque nous nous tînmes à moins d'une dizaine de mille de notre objectif que nous saisîmes tout l'ampleur de la tâche qui nous attendait. Littéralement engloutis par son ombre, car la masse de l'édifice occultait même le soleil, nous progressâmes le cœur serré, alourdi par l'inquiétante humeur vespérale qui émanait de la scène. Élevant mon regard, j'observais non sans inquiétudes les remparts qui débordaient de pièces d'artilleries.








Aodrenn était une ville côtière fortifiée dans la démesure. Elle fut bâtie près de l'estuaire du fleuve Ocré, lequel serpentait tout le long de son flanc ouest. Sa prospérité n'avait d'égale que le nombre de flottes commerciales qui empruntaient chaque jour son port.
Conçue telle une pièce montée, trônait à son sommet une interminable tour autour de laquelle semblait graviter l'ensemble des autres bâtiments et habitations. Cette tour s'enracinait profondément dans les fondations de la cité, certainement bien plus loin que les premiers de ses remparts extérieurs. Plutôt que d'une tour, il s'agissait en fait d'un phare, dont les dimensions colossales étaient plus une volonté d'impressionner que d'illuminer gratuitement l'horizon vers l'infini.
La hauteur d'Aodrenn contrastait avec la platitude des environs, tantôt faite de lagunes sablonneuses, tantôt de plaines arides méditerranéennes ; seuls quelques marais salants et carrés de vignes semblaient s'y épanouir.


Nul ne pouvait ignorer les relations étroites qu'entretenaient les habitants d'Aodrenn avec les hommes-poissons d'Easter Hill, et que ce lien privilégié était à l'origine de son succès rayonnant.
Ce lien était d'ailleurs si bien assumé qu'on y parlait là bas les deux langues ; le latin de Shoelff et l'Hoxydria, dialecte des hommes-poissons de la région. Les restaurants aussi avaient pour habitude de proposer des spécialités culinaires largement inspirées de celle du peuple sous-marin.


Pour les Rôdeurs les plus puristes du genre, le jumelage dont faisait preuve Aodrenn était purement et simplement incestueux, immoral, insupportable. Pour d'autres, dotés d'une vision plus modérée, le petit royaume de Shoelff et sa capitale n'était rien de plus qu'un domaine à soumettre à notre autorité.
Afin de faire de leur souhait une réalité, je m'octroyai une journée entière à réfléchir quant à la meilleure stratégie à mettre en œuvre. L’insignifiante poignée d'hommes dont je disposais, aussi fanatiques eussent-ils été, ne me permettait aucune entreprise conventionnelle. Or, je n'étais que peu résolu à faire étalage de ma puissance.

Malheureusement pour moi, la suite des évènements ne m'accorda guère cette faveur.

Toute cette journée je l'avais donc passé seul. Isolé, d'une part pour une concentration optimale, et d'autre part, pour amorcer les préparatifs liés à mes propres pouvoirs, à l'abri des regards indiscrets. Dans le même temps, les mercenaires qui m'accompagnaient avaient pour ordre d'établir un campement et un poste avancé.
Ce qu'ils ne le firent jamais.


Attisé par l'odeur poivrée de la mort, j'avais fini par rejoindre le lieu de ralliement au pas de course. Gravissant une à une les dunes de poussière, mes pensées alarmistes devinrent sinistres, et de sinistres elles se furent tragiques ; jusqu'à ce qu'enfin, je puisse saisir de mes propres yeux toute la gravité de la situation.
Perché sur un petit massif rocheux tout juste éclos de son enveloppe de sable, j'avais stoppé net ma course.
Alors, je fis face à des dizaines, des centaines de milliers de soldats ennemis prêts à en découdre. Les troupes, constituées en majorité de conscrits et de grenadiers arboraient le flamboyant rouge coquelicot, symbole de la Royauté Shoelffienne. Le temps de jeter un œil sur ce qui restait de ma garnison - des cadavres rougissant le sol de leur sang - et la marrée humaine m'encerclait déjà. Leurs regards hautains foudroyaient ma seule personne, leurs arquebuses pointaient dans ma direction.
"Il est fait comme un rat", voilà sans doute ce qu'ils se disaient...





Partie 2 : Dos au mur


Un homme se détacha de la masse rougeoyante, un officier, élégamment vêtu et armé d'un simple fleuret. Ses yeux abritaient une rare lucidité, forgée par toute une vie de commandement. Ses longs cheveux luisants et bouclés trahissaient un sens accru pour l'esthétisme, propre aux gens de sa classe sociale.

S
ans même prononcer de mot, ce dernier décida de me rejoindre, le faisant avec la patience d'une mante religieuse qui approche subrepticement sa proie. Si les milliers d'hommes postés derrière lui, retenaient leur souffle, celui de la brise marine semblait au contraire s'en donner à cœur-joie. La chevelure du gradé prenait vie à chaque bourrasque.
L'officier acheva sa lente progression à quelques pas de moi, il affichait désormais une posture plus arrogante. Moi, je restais stoïque.
Après un (trop long) moment passé à peser le pour et le contre, je pris enfin la décision de desceller une partie de mes pouvoirs. Continuant de me toiser, le noble s'adressa à ses hommes dans sa langue maternelle.



[ Chevalain D'Aygues-Lespignac ]
<< Rugànte ! Vanaria filalecci i peso Rôdarii isu pielgramma...
Dorineti belogattia pago i luzcar manazzi !
>>



Le langage dans lequel il s'exprimait, bien qu'étranger à mes oreilles, semblait riche en subtilités. L'accent de l'épéiste était mélodieux, aérien et raffiné. Sa remarque déclencha un tonnerre de rires parmi la foule, aussi compris-je que ce qu'il dit me concernait directement.
Pris par la tension, j'avais du mal à réciter correctement la formule incantatoire. Mais mon pouvoir serait effectif d'un moment à l'autre...
Ensuite le noble m'adressa directement la parole, usant du langage commun. Un rictus éclairait son visage :



<<Que comptiez-vous faire vous et votre petite troupe de minables ? Vous emparer d'un château de sable ?! >>

*rires*

Me concernant, le sortilège venait d'être achevé. Du moins, c'était que j’espérais, car, à ma grande stupeur, mon pouvoir demeurait encore trop instable.
Lui, remarqua alors mon incantation, qu'il prit alors pour des prières.


<< Quel touchant spectacle ! Finalement, vous les Rôdeurs, n'êtes pas si différents !
Comme tous, à l'orée de votre mort, il y a un Seigneur à qui vous choisissez de vous confier !
>>


D'un geste majestueux, il dégaina son épée. Son visage s'empourpra soudainement d'une aura meurtrière, comme si toute l'hostilité qu'il avait refoulé jusque là venait de refaire surface. Il finit d'achever son discours, avec une véhémence telle que les veines de son cou en devinrent saillantes, comme gorgées de sa fureur.



<< Voyez mes frères ! Voyez ce qui arrive aux imbéciles qui pensent échapper aux lois ! Les Rôdeurs, ces moins que rien, aucun d'entre eux ne mérite de vivre ! Et s'ils ne peuvent malheureusement mourir de leur trop grande folie, nos épées et nos canons s'en chargeront à la place !!!
Ah ! Qu'ils périssent tous en enfer !
Moi, Chevalain d'Aygues-Lespignac, valet de sa majesté le Roy Malthigas Premier, jure sur mon honneur que je laverais cet affront avec ton sang !
Pour le Roy ! Pour Shoelff !
>>


Le bretteur s’exécuta, il s’abattit sur moi avec une prodigieuse célérité, l'épée prompte à éperonner. Seule la magie avait pu lui permettre pareil exploit, et seuls mes réflexes sur-humains m'avaient permis d'échapper de peu à la mort. Pour cela, il me félicita brièvement, avant de repartir à la charge.
A nouveau le dard se fendit, à nouveau je l'esquivai
. En réponse, il rehaussa un peu plus le niveau de son escrime. Je redoublais d'efforts pour éviter la sanction meurtrière.
Notre macabre danse exaltait les spectateurs qui acclamaient leur chef. Je crus alors percevoir une tentative d'attaque venant sur ma droite, mais trop tardivement je me rendis compte de l'habile subterfuge : cette feinte permis à mon adversaire de m'assener son coup de poing dans mes côtes. Son crochet foudroyant me projeta au sol, et je dévalai la petite bute en tournant sur moi même.
Là, j'étais vraiment mal. Si ça continuait, ce stupide noble, par un triste coup du sort, finirait vraiment par m’empaler !
Assomé je songeai tristement :

<< Ha ! m'imaginiez vous jouer au fantassin ? Il n'en est rien ! Après tout, pourquoi un stratège de ma trempe devrait-il intervenir en personne sur le champ de bataille ?! La qualité de mon art ne s'apprécie guère dans un corps à corps... quel gâchis ! >>

Ironie du sort, j'avais glissé au beau milieu des corps inertes de mes anciens subordonnés. Allais-je moi aussi subir le même sort ? Cette seule pensée me révoltait.
<<Non ! >> me disais-je,
<<Les camarades ont peut être le droit de mourir pour La Cause, mais pas leur Guide ! Le Guide qu'importe la situation, se doit d'ouvrir la voie ! Le Guide n'a pas le droit de renoncer ! Le Guide a le devoir de ne pas faillir ! ...car le Guide EST la Cause, et se laisser vaincre reviendrait à trahir ce serment !
>>


J'entendais avec nostalgie, le cri de ces hommes résonner dans ma tête, m'ordonnant de continuer à me battre. Je sentais comme leur cœur prêt à battre de nouveau pour moi, je pouvais sentir... la chaleur de leur sang répandu sur mes doigts...


Meurtris, allongé sur le sol, je refusai d'abandonner...


Lorsque le noble , victorieux, se pencha sur mon corps, je refusai de me résigner...
Lorsqu'il enfonça son épée à deux mains dans ma chair, je gardai espoir.



Durant un instant, on cru à ma mort. Mais à la place de mon sang, ce fut une terre argileuse
qui s'écoula de ma blessure.



L'incantation s'était achevée à temps.





* MUURDARR *

L'argile ! L'argile était donc la clé de voûte de son pouvoir !
Le problème de timing devait certainement résider dans la composante même du terrain, car l'argile était un substrat noble, sa structure moléculaire feuilletée était l'une des plus complexes à synthétiser. Pour y parvenir, j'imagine qu'il avait dû réarranger la matière à son niveau le plus élémentaire, ce qui n'était pas une mince affaire. Mais en plus, créer de l'argile à partir du sable sec ne faisait pas tout. Car l'argile ne se modèle que lorsqu'il est pétri avec de l'eau. Ici, à défaut d'une eau pure, il dû avoir recours à du sang humain.



On vit alors jaillir du sol un flot incommensurable d'argile sanguinolente, laquelle prit l’apparence d'une main géante. Celle-ci s'empara sans mal du corps du bretteur, elle le souleva dans les airs, puis se referma complètement sur lui, faisant abattre, dans un ultime cri de terreur, une véritable pluie de sang.
Abasourdis par ce coup de théâtre, la nuée de soldat se dispersa. Les plus téméraires tentèrent quand même de vider leur fusils sur le mur de terre en action ; en vain. Là où s'était auparavant tenu un tas de cadavres s'agitaient désormais des créatures humanoïdes faits d'un argile plus rouge que rouge.
Sur le coup, je n'avais pas réalisé. Pourtant cela était évident: des golems ! bien sûr ! Napo était un faiseur de golems !
Fou de rage d'avoir été à ce point humilié, Napo, à ma grande satisfaction, laissa, au gré de sa colère, exprimer tout le potentiel de son pouvoir, modelant des créatures de plus en plus sophistiquées, de plus en plus dévastatrices...
La seule règle était que plus le sang coulait et plus il y avait de matière pour exprimer sa créativité machiavélique.

En peu de temps, une armée cauchemardesque s'était levée aux pieds d'Aodrenn, et rien, pas même l'océan, ne semblait pouvoir arrêter sa soif de destruction.



N
apo était une recrue que j'admirai, il était fort et cruel. Son art, était d'une beauté éblouissante, et peu m'importait qu'il puisse menacer nos projets. Il incarnait le Rôdeur parfait.
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